• expo BABEL


Exposition collective de :

E.ledure (Lg) | A. Delarbre (Lg) | Studio Kangaroo (Lg) | B.Deprez (Bxl) | J.Bulteel (Com) | C-H. Sommelette (Lg) | K. De Groef (Lv) | P. Gntgs (Lg) | M-A. Kellens (Lv) | F. Galand (Lg) | R. Bodeus (lg) | L. Lebeau (Lg) | J.G.Folivéli (Lg) | C. Djeumou (CMR) | A.A. Agabeldour (SDN) | L. Magnani (ITA) | H. Oszmata (SVK) Afrânio F. De Paula (BRA) | Kreis und Linie (BEL)

B A B E L

Pour beaucoup d’entre nous, le mythe de Babel fait partie de notre culture. Nous avons tous entendu parler de ce projet un peu fou où l’Homme a construit une tour pour essayer d’atteindre Dieu. Cela remonte à une époque très ancienne. Pourtant au XXIe siècle, ce mythe à plus que jamais sa place et nous interroge encore sur notre société et notre façon de coexister. C’est pourquoi nous est venue l’idée de rassembler une vingtaine d’artistes venant d’horizons variés et de les convier à créer une ou plusieurs œuvres autour de ce thème. L’artiste possède en lui cette capacité de transfigurer le réel, de toucher notre âme, notre conscience. Il peut susciter de l’émotion et créer une nouvelle interprétation d’un lieu commun.

Ce mythe est riche en interprétations. Elles nous ont guidés tout au long de la préparation de cette exposition. Elles ont aussi servi de guide pour les artistes, tout en leur laissant la liberté de s’exprimer.

Version classique du mythe : l’Homme part dans le désert et construit une ville entourée de murs pour y être protégé, une tour pour égaler Dieu. Celui-ci ne peut l’admettre car Il ne veut pas que l’Homme devienne son égal. Il détruit alors cette tour et divise le langage afin que l’Homme ne puisse plus se comprendre. L’Homme est puni par Dieu à cause de son orgueil et de sa vanité.

Version revisitée : l’Homme est déjà dans le désert et il y construit une ville qu’il entoure de murs pour se protéger du monde extérieur. Il construit une tour pour atteindre le ciel et être l’égal de Dieu. En construisant celle-ci, il y a une sorte d’esclavagisme car personne n’a vraiment le choix de faire autre chose. Tous parlent la même langue et cela crée une sorte d’inertie. Il n’y a plus de discussions ni d’interprétation. Une sorte de fausse sécurité s’installe, avec pour conséquence que la vie ne s’écoule plus. Dieu regarde cette construction d’un œil amusé, Il voit que ça va trop loin. Alors, non pas pour punir l’Homme, mais pour lui rappeler que les deux parties doivent coopérer, il fait stopper la tour et divise les langages, pour permettre une autre approche de l’autre. Un dialogue nouveau en quelque sorte. Le langage est une source de richesse. Deux personnes qui parlent la même langue arrivent à se comprendre. Mais chaque personne possède son propre dialecte (en fonction de son vécu, de ses émotions, de sa culture, …). Chaque parole que l’on reçoit, on l’interprète, elle résonne en nous d’une manière différente. Voir d’une manière totalement contradictoire avec les intentions de celui qui nous la livre. Mais ce sont les débats, la communication, la recherche de l’autre à travers les paroles qui nous font avancer. Même si rien ne remplace l’expérience vécue, l’Homme reste un être sociable qui cherche à communiquer. Les mots peuvent bénir ou blesser, être source de richesse et parfois de confusion.

L’accueil de l’autre est aussi une richesse. Il arrive avec sa culture, ses croyances, sa religion, son langage, ses coutumes, … Cela nous remet en question. Comment vais-je accepter l’autre ? Que va-t-il m’apporter ? Aussi nous devons retourner la question et nous demander comment vais-je l’accueillir, que vais-je lui donner ? Doit-on comme certains pays, fermer nos frontières, bâtir des murs ? L’Europe connait un problème de natalité, n’est-ce pas une opportunité de s’ouvrir et de construire ensemble une nouvelle vision de la société ? Une évolution naturelle de l’histoire humaine, où tous les peuples se confondent et sont libres de s’installer où ils veulent, non pas au dépit de l’autre, mais comme source de renouveau.

Ce mythe soulève une question brulante, plus que d’actualité : le vivre ensemble.

Le concept de tour, où tout le monde travaille à un projet unique révèle une uniformité de la pensée. A l’heure du développement des nouvelles technologies, ne nous rapprochons nous pas aussi de ce genre d’uniformité ? Ces médias où des millions de gens échangent des idées, ne représentent-ils pas un support figé, uniforme où l’on n’est pas totalement libre de dire ce que l’on pense. Il y a cette volonté constante d’uniformisation dans notre société. On retrouve les mêmes magasins dans toutes les grandes villes, les mêmes modes qui traversent la planète en un rien de temps, les mêmes conseils dans les magazines, même art de vivre, de penser, etc. Sur toutes les chaines de télévision, on voit les mêmes informations. Il y a un formatage
de la pensée. Mais nous restons libres d’utiliser les nouvelles technologies différemment, aller chercher l’information ailleurs, sortir du préfabriqué pour se réapproprier le droit de penser autrement.

P L A N | C O N T A C T