JM Dubuc – Face à nous-mêmes.

Vernissage le 15/05 dès 18h, ouvert à toutes et à tous.

Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 18h et les samedi de 10h à 13h. 

« Dans ces corps absents, c’est nous que nous rencontrons. » 
 
Cette exposition de Jean-Michel DUBUC présente une série de tapisseries en relief réalisées à partir de tissus de récupération.
Ces textiles, issus de nos propres déchets, sont assemblés, transformés et réactivés comme une matière vivante, porteuse de mémoire. Par ce geste, Jean-Michel DUBUC interroge notre rapport à ce que nous rejetons et propose une transformation — matérielle autant qu’intérieure.

Les formes qui émergent évoquent des corps fragmentés, sans pieds, sans mains, parfois sans tête. Des visages apparaissent, disparaissent, se déforment. Dans ce travail, Jean-Michel DUBUC ne cherche pas à représenter, mais à faire ressentir une présence fragile, entre apparition et effacement.
Le processus mêle une construction rigoureuse — dans l’assemblage des tissus, la mise en relief et la composition — à des gestes spontanés dans l’application de la peinture acrylique. Cette tension entre maîtrise et instinct constitue le langage abstrait propre à Jean-Michel DUBUC.

Face à ces corps incomplets, Jean-Michel DUBUC invite à une expérience intérieure : un face-à-face où le regardeur se confronte à lui-même.

Je peins non seulement par passion mais aussi par nécessité, la peinture étant pour moi un moyen de me libérer totalement, sans aucune restriction. Et c’est aussi cela que je vise pour le spectateur : qu’il puisse s’affranchir de tous les carcans en se plongeant dans mes tableaux pour y vivre sa propre expérience.

Je travaille avec des acryliques industriels et d’autres acryliques d’art pour obtenir différentes brillances sur des plaques d’aluminium ou des tissus souvent de récupération, pour une démarche éco-responsable .

Mon ambition dans mon abstraction est de déconstruire puis de reconstruire mon support grâce à une superposition de couleurs et de matières qui donne beaucoup de profondeur. Ce côté brut offre une certaine singularité aux tableaux que je souhaite proposer. Je cherche également à créer du relief et, pour cela, je mélange mes couleurs avec des feuilles et des graminées séchées. J’utilise ce que j’appelle des « outils » ou mes mains et non des pinceaux
traditionnels pour arriver à un résultat que je juge probant et qui permet aux tableaux d’avoir une certaine singularité dans leur conception et dans le rendu final.
Ces différentes textures permettent de refléter la lumière de diverses manières pour offrir une expérience émotionnelle aux spectateurs. Je travaille à plat, immergé dans mon support afin d’être spontané, libre, comme en perdant la conscience de ce que je fais afin que mes gestes soient les plus automatiques possible.

 L’action painting et l’expressionnisme abstrait figurent parmi mes influences avec un accent mis sur les couleurs, le relief et la spontanéité. Mon désir est que comme moi qui me « perd » dans ma peinture, le spectateur s’y plonge totalement afin d’y dénicher des émotions uniques, qui font appel à son histoire, sa mémoire, sa culture. 

Mon envie avec ce projet est d’offrir différentes visions d’une même œuvre, à l’instar de ce qu’offre la vie où tout dépend par quel prisme on l’observe. Plus le spectateur s’approche d’un tableau, plus il peut y découvrir de nouveaux détails. Idem en se positionnant latéralement. Cette multiplication de points d’observation confirme que rien n’est jamais identique et qu’il faut aller plus loin que le premier coup d’œil. J’aspire à ce que chaque spectateur quelque soit son âge, adulte comme enfant puisse s’immerger totalement dans ma peinture, dans les couleurs, les formes et rentre en connexion avec mes tableaux, afin d’y projeter son imaginaire, son vécu personnel et même son inconscient pour aller chercher en lui des émotions insoupçonnées de prime abord.
En ne donnant volontairement pas de titre à mes œuvres, je veux laisser le loisir au spectateur d’appréhender celle-ci totalement librement et ainsi d’y voir ce qui lui semble juste de voir, lui laissant un total libre-arbitre.

Jean-Michel Dubuc